Est-ce que ça vous fait pareil à chaque printemps à vous aussi ?

Cette sensation impérieuse, puissante de renouveau, de première fois, de page blanche, en un mot : de renaissance…

Nos existences d’ombre et de marasme s’en trouvent toutes chambardoulées. Seule compte cette fulgurance miraculeuse à chaque fois renouvelé : C’est l’printemps !!

Bluffé toujours, nous nous tournons vers ces pages vierges pour y inscrire le  renouveau. La vie se mue en primevère, en camélia.

. Etrange sentiment de retrouvailles qui nous dépasse nous-mêmes.

Alors que nos vies restent si ordonnées, prévisibles, rituelles…

Tu as vu jolie sœur et puissant petit frère comme nous sommes beaux ?!

J’’exagère ? Oui, mais c’est la faute au printemps !

L’hiver n’avait qu’à s’alanguir, les bourgeons fermer leur capsule et les biches ne pas aller musarder dans la prairie…

Cette année, nous avons posé une minuscule cabane pour les oiseaux au faîte d’un sapin. Et le miracle est arrivé : On y entend des chants d’oiseaux, ponctués comme un morse céleste. Nous sommes bénis. J’en suis ému comme au premier jour du monde.

Je vous avais prévenu : Je ne suis plus du tout objectif :

Je suis atteint de printemps ! Maladie incurable et sans remède.

« Nous voulons des coquelicots ! »

Déclinent tous les résistants du vivre, les alerteurs, les anti-glyphosates…

Et tous les amoureux de renchérir : « Oui, oui, mais aussi des bleuets, des pâquerettes et des chants d’oiseaux ! ».

Il est là enfin, devant nos portes,  l’inespéré. Prêt à être cueilli, célébré, chanté ! Serions-nous en passe d’être sauvés ?…

Morice, ce 26 mars 2019.