Clic !

Ça y est ? Vous y êtes ?

Vous vous posez quelques instants sur le rivage iconoclaste d’un chanteur marginalo-

insoumis qui chante encore ?

Vous l’aviez peut-être perdu de vue depuis longtemps… depuis les temps héroïques de vos
20 ans où le monde semblait basculer vers tant de possibles ? Croisé dans quelques ZAD

retentissantes de l’époque (Larzac, Malvile…).
Et puis, l’existence a filé, inexorablement.

Quoi ? Déjà le crépuscule à l’horizon ? Alors que le monde, fondamentalement, n’a pas

tant changé que ça…

A-t- on abdiqué, trahi, fui… ou simplement muté ?

Soyons contents : Le chantier s’avère immense, et l’on ne risque pas de s’ennuyer pour

peu que nous nous maintenions en alerte, en vie, en résonance…
Surtout qu’arrivent une ribambelle de p’tits jeunes motivés et ardents, minoritaires,

forcément, comme nous l’étions déjà à l’époque…

Qui dira dans quel monde vivront (ou survivront) nos enfants et petits-enfants ?
Tout semble possible. Y compris le pire. Mais l’Inespéré n’est pas à exclure non plus.

C’est pour cette jeunesse que nous œuvrons encore.
Pour échapper au fatalisme et aux crocs mortifères de la désespérance.

Alors oui : Je chante encore !

Tant que l’on m’invitera encore quelque part. Tant que l’on achètera encore mes disques.
Peu enclin aux sirènes d’internet car je sais trop le désuet des modes et des scoops

perpétuellement autodestructeurs.

Non plus, je n’attends pas grand-chose des décideurs culturels et autres programmateurs
médiatiques. Mais ça, ce n’est pas d’aujourd’hui : c’est une désattirance réciproque !
Pourtant, ce qui se trame aujourd’hui dans la vraie vie est révélateur de possibles
mutations : la Société civile ardente et inventive nargue le sommet de la pyramide où l’on
prétend décider pour nous. Ce n’est ni plus ni moins qu’une fraternité en mouvement qui
se révèle, inlassablement. Ce qu’à l’époque Souchon avait perçu comme une Foule
sentimentale désorganisée, se structure, n’attend plus l’arrivée du Grand soir pour se

reconnaitre, agit.

Et quoi d’autre de plus important s’il vous plait ?
La plupart de mes chansons, dans le fond, ne parlent que de ça !
Elles prennent source dans ce terreau social. En sont un des porte-voix…

« … Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être

Que par les insoumis
Ils sont ces insoumis le sel de la terre… »

(André Gide).

Morice Benin, le 1° septembre 2017 à Die.