Les oiseaux disparaissent peu à peu…

Avec les insectes et nos petites abeilles.

Mais notre vision égocentrée, anthropomorphique nous fait dire encore :

« Et alors ? Ce n’est pas si grave… On peut vivre malgré tout… » !

Oui, c’est vrai : on peut parfaitement vivre encore.

Mais comment ? Pourquoi ? Et pour combien de temps ?…

Nous observons piteux, toutes ces disparitions lentes provoquées par l’homme.

Nos petits-enfants vivront-ils dans un désert confortable peuplé d’humains victorieux ?

Ils n’auront ni connu la diversité,

Ni l’abondance du merveilleux règne  animale, végétale…

Nous qui l’observons encore, pressentons la perte inouïe

De ce que l’on appelle techniquement : la biodiversité.

Est-ce irrémédiable ? Je ne sais pas…

Je ne suis qu’un petit scribouilleur de chansonnettes célébrant souvent

Ce qui participe à notre force et à notre bien-être commun : dame-nature !

Mais en observant sa mutilation inexorable, je ressens ce devoir d’alerte,

De militance pour la vie (1), avant que la vie ne devienne survie…

J’ai la sensation que nous sommes à la charnière :

Avancer plus encore dans ce déclin et c’est le renversement fatal du sablier.

L’inespéré ? : Des millions de colibris partout, portant chacun sa goutte,

J’ai  pour emblème, ce poème volatile de notre si indispensable René-Guy Cadou :

« Entrez, n’hésitez pas, c’est ici ma poitrine

Beaux oiseaux vous êtes la verroterie fine

De mon sang, je vous veux sur mes mains

Logés dans mes poumons parmi l’odeur du thym…

… Maintenant que vous êtes là je n’ai plus peur

De manquer au devoir sacré de la parole

C’est à travers vos chants que je parle de moi

Vous me glissez des bouts de ciel entre les doigts… »

Morice Benin, 6 avril de l’an 2018

 

 

  1.  : Le chantier est multiforme… mais il consiste avant tout à résister à la consommation effrénée qu’on nous invite à pratiquer : comme une sorte de « Grève à la consommation »  généralisée et joyeuse.
    Nos sous pourraient être confiés à une banque éthique et solidaire (il en existe une, si, si : La Nef…), nous pourrions manger presque exclusivement bio et le plus possible local, nous engager pour une lutte éducative (philo et apprentissage de la nature dans les maternelles et les écoles)…
    Bref pratiquer une sobriété heureuse comme en parle Pierre Rabhi, qui entraverait sérieusement cette avancée vers le néant…